Anterne-Djin Fiz- Récit

17 Nov

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Categories: Anterne, Récits

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Recit Djin Fiz

Une voie qui ce situe au bout de la reserve naturel de Sixt-Passy sur le Rocher des Fiz et les pentes des Lanches d’Anterne.

Djin Fiz une voie qui fais tourner la tête

 

djindjin

Une voie que je vais partager avec Cristophe Bichet un homme au grand coeur et aux multiples talents

Ça fait longtemps que je connais Christophe Bichet de vue : jusque-là, on se croisait dans les salles d’escalade. Mais depuis qu’il travaille au Nautil (septembre 2011), nous nous sommes rapprochés et avons commencé à grimper ensemble.

Très vite, nous commençons à faire des projets et décidons de nous retrouver fin août à l’Argentière, en Haute-Savoie.

Plusieurs belles ascensions s’offrent à nous : d’abord la voie « Petit » au Grand Capucin à laquelle je pense depuis un bon moment, mais aussi une voie dans la paroi d’Anterne : « Djin Fiz ».

A notre arrivée à l’Argentière, le 22 juillet, la météo annonce une semaine de grand beau et mon projet de réaliser la voie Petit continue son chemin. Nous décidons alors d’aller faire sur le pilier Freney, une voie de 200 mètres sur coinceurs afin de s’acclimater.

Je peux le dire : je ne suis jamais monté à l’aiguille du Midi et je n’ai jamais mis de crampons ! De là-haut, le spectacle est magnifique, j’ai un peu la tête qui tourne mais je suis en forme et le souffle est bon.

djin

Tandis que nous attaquons la descente vers l’aiguille du Midi, je réalise peu à peu que la logistique lourde (gros sacs, le matériel de bivouac) ajoutée à mes problèmes de sensibilité au froid auront raison de moi.

C’est avec beaucoup de regrets que je renonce à la voie « Petit », à laquelle je pensais depuis près de 2 ans. Quel plaisir j’aurais eu à la grimper si elle avait été à ma portée !

Nous passons malgré tout une excellente journée : on pousse jusqu’aux contreforts du Grand Capucin, la rando est magnifique. Nous profitons de ce répit pour réfléchir à un autre projet.

Finalement, c’est « Djin Fiz » qui va s’imposer à nous, belle, longue et suffisamment dure.

djin

Pour cela nous irons faire une voie avant à la Balme : « Les dents de L’amer » (170 mètres), pour bien nous mettre au point.

On choisit de hisser un sac.  

C’est une voie exigeante où il faut enchaîner trois longueurs en 7C+ d’affilée, la deuxième particulièrement malcommode, vaudrait presque 8a. On finit la voie en s’échappant par le 7a+ de gauche.

Le lendemain c’est le départ, nous montons au refuge « Alfred Wills » ; physiquement et techniquement nous sommes au point, l’objectif nous paraît réalisable, nous sommes confiants.

A notre arrivée au refuge, mon compagnon est reconnu par une jeune fille qui l’a vu dans un film au festival de montagne de Grenoble. Je savais bien que mon petit Bichet était une vedette !

Mon Tof, très à l’écoute des gens, parlait avec tout le monde ; j’étais un peu mal à l’aise au début, moi qui suis plutôt réservé, mais j’ai finalement beaucoup apprécié ce moment de convivialité.

Cette soirée fut enrichissante, pour nos hôtes qui n’ont pas souvent l’occasion de voir passer des grimpeurs, et pour nous aussi qui sommes devenus une sorte d’attraction, ce soir-là au refuge « Alfred Wills » !

Mais il s’agissait de ne pas perdre de vue notre objectif du lendemain !

et

Christophe  fait preuve d’une grande lucidité en voyant sur le mur une photo, pendant qu’on était à table. La photo représentait l’accès direct à la cave à glace.

A 4 heures, le réveil sonne, nous nous glissons discrètement hors du refuge plongé dans le sommeil, prenons un petit déjeuner dans le réfectoire silencieux avant d’attaquer la marche d’approche. Elle se révèle moins ardue que la fois où j’étais venu faire « Les yeux dans le bleu ». Nous atteignons le pied de la cave à glace en 40 minutes.

Les pentes de la cave à glace sont délitées, je tire doucement sur une corde fixe… pas fixée ! Nous montons lentement, mais sûrement jusqu’aux mains courantes permettant de faire la traversée jusqu’au pilier menant au départ de la voie.

djinAttaque de la voie il est 6h00

Nous avons un bon rythme et c’est en toute confiance qu’on attaque l’escalade. Tof s’y colle le premier, dans une longueur en 6b+ qui a le mérite de nous emmener au départ de la longueur en 7b+, (notre stratégie : escalade en réversible avec hissage d’un sac d’environ 8 kg). Soutenue, cette longueur de 35 mètres demande une escalade technique très à doigts. J’ai déjà mal mais il faut avancer, ce sera le leitmotiv tout au long de la voie.

Puis c’est le tour de Tof qui se lance dans un 7a+ qui a l’air beau à souhait mais redoutable pour les pieds.

djin

Le hissage fonctionne très bien ; seul petit regret : une corde un peu trop longue, 60 m auraient suffi, ce qui nous aurait fait gagner de l’énergie et du temps.

Après une longueur en 6b+, nous abordons maintenant les longueurs en 7b, sur de beaux murs verticaux. Nos doigts souffrent car les prises sont petites et les repos peu nombreux.

Après une petite traversée en 6a+, au septième relais, nous nous apprêtons à attaquer les 3 longueurs clés en 7c+. Il est un peu plus de midi, ce qui nous laisse du temps pour la suite que l’on sait sérieuse.

djin

Nos relais sont propres, sûrs et rapides. Notre cordée est homogène, elle fonctionne bien chacun remplit son rôle dans une bonne entente.

Le crampes commencent à faire leur apparition alors je bois, seul moyen d’y remédier.

J’entame alors le premier 7C+ qui me résiste dès le départ. Je ne trouve pas la solution, je tombe, mes doigts sont écorchés, la peau à vif ! Les prises sont plus petites que ce à quoi je m’attendais, je dirais plutôt 8a pour L8.

Enfin j’achève la longueur meurtri, mais content d’en être venu à bout : la longueur « clé » est passée et malgré nos mains douloureuses et nos crampes le sommet est désormais plus proche.

 

Tof me rejoint au relais, il confirme que la cotation est plus dure.

Il se sent bien et part dans le 7C+ suivant où certaines sections offrent une escalade plaisante dans un rocher compact. Il arrive au relais en trente minutes environ, ce qui est une bonne moyenne, compte tenu de la difficulté de la longueur. Lorsque je me lance à mon tour, j’avance mieux que dans la longueur précédente les « crispettes » continuent de mettre mes doigts à rude épreuve.

Il me reste la dernière longueur dure, a priori 7a+ jusqu’au toit puis A0, je suis confiant quant à l’issue de notre journée.

En me rejoignant au relais, Christophe se permet une sortie acrobatique, l’ambiance est bonne, mais il s’agit de ne pas de se déconcentrer, on doit rester vigilant avec toujours des bons relais.

Il reste une longueur en 6b+ (vite faite), puis un 7a+ avec un départ péteux, suivi d’une bonne escalade.

Je décide de garder le sac pour la dernière longueur qui s’incline et où le hissage serait pénible. Le bastion final en 6c nous récompense de nos efforts et nous sommes ravis. C’est Tof qui sera à l’honneur pour faire la dernière longueur. Il est 18h, voilà maintenant 11h que l’on grimpe.

djin djin

l fait super beau, le cadre est magnifique. Il est pour nous tout seuls, sauvage, grandiose, immense, silencieux, tous les adjectifs les plus beaux sont pour qualifier ce moment de joie commune. Pour Tof c’est véritablement sa première voie très dure en falaise, et pour moi une seconde voie à Anterne que je sais très exigeante car c’est toujours une longue journée qui attend celui qui va grimper sur les Fiz.

Mais pas question de fléchir il nous reste encore un gros morceau avec la descente (je crois me rappeler que la dernière fois, il nous a fallu quatre heures), à moins de trouver la passe qui nous ferait gagner une heure. Mais cela reste très long et pénible.

C’est donc avec une certaine appréhension que nous attaquons la descente. Bien sûr, j’ai signalé à Tof, l’existence de la passe.

Nous sommes sur une épaule que nous longeons maintenant depuis bien 30 minutes, je cherche les dalles de diaclase en calcaire très caractéristique.

C’est alors que l’on aperçoit plus loin un chemin de moutons, que l’on décide de rejoindre pour finalement se retrouver sur les dalles de diaclase.

Comme à son habitude Tof prend le temps d’observer, on sait qu’il y a une passe entre les barres mais où?

Là Tof me montre un cairn qui pourrait être naturel, comme fait exprès, la trace d’animaux s’en va aussi dans cette direction.

Alors on s’engage, on prend le risque. Le vallon s’ouvre devant nous, la descente est sous nos pieds !

djin

Deuxième victoire de la journée, notre joie est énorme, de nous voir éviter la poussée jusqu’au col pour redescendre.

Après nous retrouvons le chemin de descente classique qui nous mène au parking.

Il nous faut encore une heure, à partir de ce moment-là.

Voilà une journée qui a commencé à 4 heures et qui se termine à 21h30 !

Merci aux ouvreurs pour cette superbe voie et à Petit Tof

djin

Chamonix_2012_067

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